Livre de Sonja Hopf

Livre de Sonja Hopf

Mon voyage avec Félix

 

Mon voyage avec Félix se compose de deux livres.

Le livre I montre deux séries de mes gravures, une sous le titre de Œil-trou, l’autre sous le titre de Œil-monstre. Suit en troisième position une bande dessinée. L’œil-monstre y regarde à travers l’œil-trou une tête qui tombe.

Le Livre II est le récit de mes rêves et notes de travail durant la première année de mon analyse avec Félix Guattari de novembre 1981 à décembre 1982.  L’analyse s’est terminée avec la mort de Félix en 1992. 

L’analyse m’a fait découvrir deux champs picturaux, l’un aussi impraticable que l’autre. Le premier est horizontal et d’une vision de près, le deuxième vertical et perspectiviste.

Avec le premier j’ai fait le prologue du livre II, avec le deuxième son épilogue. En fait l’épilogue prend son début déjà dans le chapitre central et se termine, comme il convient pour un épilogue, sur la dernière page.

Le prologue s’écrit au présent. Il s’écrit avec un seul je avec lequel le texte commence. Dans l’épilogue le je est remplacé par nous

L’épilogue aussi s’écrit au présent, présent d’un espace sans étendue qui condamne à l’immobilité. Le temps passe quand-même. Daté de jour en jour, c’est le temps de l’écriture.

En lisant quelques lignes d’Oswald Spengler, citées par Golo Mann dans l’Histoire allemande, j’ai senti une odeur de fleur. Un mot m’est venu pour cette odeur. C’est un mot d’un poème de Gottfried Benn : Englisches Café. J’ai voulu la retenir, lui donner la forme d’un flacon et la peindre. Cette tentative a échoué et m’a conduite, une fois de plus, au monochrome.

L’analyse m’a fait traverser le désert du monochrome. J’ai souvent rêvé que je voyageais, d’où le titre Mon voyage avec Félix. Et en effet, comme à la dérive, emportée par des flots, je me suis déplacée du dessin vers le monochrome et du monochrome vers le support. De m’approcher autant du mouvement artistique Supports/Surfaces dont les préoccupations me sont étrangères et le restent, m’a étonnée. Peut-être me fallait-il toucher ce support, élément matériel et en trois dimensions, pour reprendre le dessin et commencer la peinture.

S. H.

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